Un chiffre pour situer l'histoire : en juin 2024, Nvidia a divisé chacune de ses actions en dix. Ce split 10 pour 1 explique pourquoi un titre au centre du plus grand cycle d'investissement technologique de la décennie s'affiche « seulement » autour de 207 USD en juillet 2026 — environ 180 EUR. Le cours unitaire a été divisé, pas l'entreprise : si vous déteniez une action avant le split, vous en déteniez dix après, pour la même valeur totale. Ne comparez donc jamais le prix d'une action Nvidia à celui d'une action ASML à près de 1 600 EUR pour juger laquelle est « chère » — le prix unitaire ne dit rien de la valorisation.
Sur 12 mois, NVDA a évolué entre environ 164 et 237 USD. J'ai refait tout le parcours d'achat chez eToro étape par étape pour vérifier ce qui vous attend concrètement — voici le déroulé.
Acheter l'action Nvidia en 5 étapes
- Ouvrez le compte. Inscription chez eToro avec e-mail et mot de passe (ou via Google). Cinq minutes.
- Passez le KYC. Pièce d'identité, justificatif de domicile, questionnaire d'investisseur. C'est une exigence européenne qu'aucun courtier régulé ne peut vous épargner ; la validation prend de quelques minutes à quelques heures.
- Déposez en euros — en connaissant le piège du dollar. Le compte eToro est tenu en USD : votre dépôt en EUR est converti au taux d'eToro. Mon conseil après l'avoir mesuré : convertir en amont (par exemple via Revolut) fait gagner quelques dixièmes de pourcent. Petit sur un dépôt, pas négligeable sur des allers-retours répétés.
- Recherchez NVDA et passez l'ordre au levier X1. Le réglage X1 est le détail qui compte : c'est lui qui fait de votre ordre un achat d'action réelle. Tout levier supérieur transforme la position en CFD — un pari à effet de levier, avec frais de financement overnight et sans détention du titre. Pour investir, restez en X1. Les fractions démarrent à 10 USD.
- Validez et suivez la position. Le NASDAQ cote de 15h30 à 22h00, heure de Paris ; un ordre passé un dimanche attend sagement lundi après-midi. (Les Bourses européennes — Euronext, Xetra, LSE — cotent, elles, de 9h00 à 17h30, heure de Paris, mais NVDA n'y est pas votre porte d'entrée principale.)
Les frais, en un paragraphe
Chez eToro, une action réelle coûte 1 USD à l'achat et 1 USD à la vente (un peu plus sur certaines places exotiques) — ne croyez personne qui vous parle d'actions « gratuites » à trader. S'y ajoutent la conversion EUR→USD au dépôt (voir étape 3) et 5 USD par retrait, un forfait qui m'irrite par principe même s'il reste modeste. Pas de frais de tenue de compte ni d'inactivité en usage normal. C'est tout : la structure est simple, et c'est précisément ce que j'apprécie dans ce processus.
Qu'est-ce qui fait bouger le cours de Nvidia ?
Quatre moteurs dominent, et ils peuvent jouer fort dans les deux sens :
- Les dépenses d'IA des hyperscalers. Quand Microsoft, Google ou Amazon annoncent leurs budgets de centres de données, NVDA réagit — leurs commandes de puces sont son carburant. Le marché scrute d'ailleurs ces budgets de près, comme le montre le parcours récent de l'action Microsoft.
- Les restrictions d'export vers la Chine. Chaque durcissement ou assouplissement des licences américaines déplace des milliards de chiffre d'affaires potentiel.
- Les résultats trimestriels. Les attentes sont si élevées qu'un trimestre simplement « bon » peut faire chuter le titre.
- Le sentiment général autour de l'IA. NVDA est devenu le thermomètre du thème : quand l'enthousiasme refroidit, le titre amplifie le mouvement.
Le dividende, lui, tient de la note de bas de page : environ 0,5 % par an. Personne n'achète Nvidia pour le revenu.
Une phrase de mise en perspective : Nvidia pèse déjà lourd dans le S&P 500 — avec Microsoft, Apple et Alphabet, ces valeurs représentent plus d'un quart de l'indice — donc investir dans un ETF S&P 500 vous expose déjà à Nvidia, en version diluée et diversifiée. Titre seul ou indice : lequel vous convient (si l'un des deux vous convient) dépend de votre tolérance au risque et de votre horizon — ce n'est pas un conseil, c'est votre décision.
💡 Au passage : eToro mène actuellement une promotion pour les nouveaux clients, qui crédite un actif réel au choix après le premier dépôt, à titre de prime de bienvenue. Les conditions détaillées sont dans notre article dédié à la prime eToro. Cela ne change strictement rien aux étapes d'achat décrites ci-dessus.
Fiscalité 2026 : ce qui a changé
Point important pour cette année : le PFU n'est plus à 30 %. Depuis le 1er janvier 2026, la flat tax sur un compte-titres ordinaire est de 31,4 % — 12,8 % d'impôt sur le revenu plus 18,6 % de prélèvements sociaux (la CSG sur les revenus du capital est passée de 9,2 % à 10,6 %). Elle s'applique par défaut à vos plus-values et dividendes chez eToro ; l'option pour le barème progressif reste possible (case 2OP, globale pour l'année), intéressante surtout si vous êtes non imposable ou dans la tranche à 11 %.
Deux spécificités à connaître :
- Le dividende Nvidia subit d'abord 15 % de retenue à la source américaine — eToro dépose le formulaire W-8BEN pour vous. Vu le montant symbolique du dividende, l'enjeu est minime, mais le mécanisme existe.
- eToro ne propose pas de PEA. En tant que courtier chypriote régulé par la CySEC, il n'ouvre qu'un compte-titres ordinaire — vos gains NVDA ne bénéficieront jamais du régime fiscal du PEA. Et n'oubliez pas la déclaration annuelle du compte étranger via le formulaire 3916-bis : l'oubli coûte 1 500 EUR par compte et par an.
Nous ne sommes pas conseillers fiscaux — pour votre situation personnelle, adressez-vous à un professionnel ou à l'administration.
En pratique, à quoi vous attendre
Attendez-vous à de la volatilité : un titre qui a évolué entre 164 et 237 USD en un an peut perdre ou gagner l'équivalent de plusieurs mois de « rendement d'épargne » en une séance de résultats. Si cette amplitude vous empêche de dormir, la question n'est pas le courtier — c'est la taille de la position. Ceux qui hésitent entre plusieurs géants américains peuvent comparer avec notre guide sur l'achat d'actions Apple, construit sur le même déroulé.
Et vous, qu'est-ce qui vous retient encore : la conversion en dollars, la fiscalité à 31,4 %, ou simplement le vertige du cours ? Dites-le-nous en commentaire — je réponds à tout le monde.
