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Trade Republic a refondu l'exécution de vos ordres — voici ce qui change
Un changement de règle dans l'UE a forcé les néobrokers européens à repenser leur façon de gagner de l'argent sur les transactions. La réponse de Trade Republic, en ligne depuis le 2 juillet, modifie l'exécution de vos ordres et ajoute deux nouvelles options tarifaires ainsi qu'une plateforme web. Pour comprendre pourquoi, il faut partir de la règle qui a tout déclenché.

Trade Republic vient de refondre la mécanique derrière chaque ordre que vous passez — cette partie à laquelle personne ne pense, jusqu'au jour où les frais ou l'exécution changent. Le 2 juillet, un nouveau mode d'exécution des transactions est entré en service, avec deux nouvelles options tarifaires et, pour la première fois, une vraie plateforme web. Mais tout cela ne prend son sens qu'une fois que vous connaissez la règle qui l'a imposé. Commençons donc par là.
La règle qui a tout déclenché
Pendant des années, beaucoup de brokers européens sur application ont gagné de l'argent en douce, via ce qu'on appelle le paiement pour flux d'ordres, ou PFOF. En clair : quand vous appuyez sur « acheter », le broker doit envoyer cet ordre quelque part pour qu'il soit exécuté. Au lieu de comparer, il acheminait vos ordres vers une place de négociation bien précise — et cette place versait au broker une petite commission pour les affaires apportées. Vous ne le voyiez pas, mais c'était une vraie part de la façon dont un broker « gratuit » ou quasi gratuit gagnait sa vie. (Pour Trade Republic, la presse l'estimait à environ 30 % du chiffre d'affaires.)
L'UE a jugé que ce montage crée un conflit d'intérêts — le broker a une raison de choisir la place qui le paie, pas forcément la meilleure pour vous — et l'a interdit. L'interdiction découle d'une règle européenne (MiFIR, article 39a) ; l'échéance qui a réellement mordu, c'est le 30 juin 2026, quand l'exemption temporaire allemande a expiré. À partir de là, les brokers qui reposaient sur le PFOF avaient besoin d'un nouveau moyen de gagner sur les transactions.
Voilà le contexte. Tout ce que Trade Republic a annoncé est sa réponse à cela.
Ce que Trade Republic a réellement changé
Trois choses, en service depuis le 2 juillet :
- Best Price — le nouveau mode par défaut. Au lieu d'acheminer vers une place favorite, Trade Republic dit désormais constituer un carnet d'ordres agrégé sur toutes les places liquides pertinentes et exécuter votre ordre au meilleur prix disponible, quelle que soit sa taille. Le coût : 1 € forfaitaire de frais de règlement — mais attention à la formule « hors coûts de tiers et spreads », donc ce 1 € n'est pas littéralement tout le coût d'une transaction.
- Direct Price — un nouveau type d'ordre optionnel pour ceux qui préfèrent choisir. Vous sélectionnez vous-même la place parmi 30 bourses mondiales (XETRA, Euronext, Nasdaq et d'autres) et payez 2 € par transaction, quelle que soit la taille.
- Web Terminal — la première plateforme sur navigateur de Trade Republic. Jusqu'ici, il n'y avait que l'appli mobile ; il existe désormais un espace de travail façon ordinateur, avec graphiques, screeners, analyse de portefeuille et données de marché en direct, pensé pour des investisseurs plus actifs.
En dessous, il y a une pièce structurelle plus importante, qu'il faut formuler avec prudence. Selon la presse, Trade Republic peut désormais traiter lui-même le flux d'ordres — en se plaçant de fait au milieu des transactions — grâce à une licence de plateforme de négociation (un MTF, système multilatéral de négociation) que sa filiale a obtenue du régulateur allemand BaFin en janvier 2026. Bon à savoir, mais avec une réserve : cette lecture de « teneur de marché » vient de la couverture médiatique, pas du communiqué du 2 juillet de Trade Republic — à prendre donc comme un contexte, pas comme une affirmation directe de l'entreprise.
Alors, qu'est-ce que cela veut dire pour vous ?
Si vous achetez surtout des actions ordinaires et des ETF, la version pratique est simple : vos ordres bénéficient désormais d'une recherche du meilleur prix sur plusieurs places pour 1 € forfaitaire, et vos plans d'épargne récurrents — selon justETF, même si le communiqué de Trade Republic ne le répète pas — restent gratuits. Pour ce type d'investissement, une exécution au meilleur prix pour 1 € est un bon deal, tant que vous gardez en tête la note « hors spreads et coûts de tiers ».
Si vous tradez plus activement, Direct Price et le Web Terminal sont les parties qui vous visent — la maîtrise de l'endroit où part un ordre, et de meilleurs outils qu'un écran de téléphone.
Dans les deux cas, c'est un changement structurel chez un broker que des millions d'Européens utilisent déjà, pas une offre à durée limitée — donc plutôt à comprendre qu'à précipiter. Savoir comment votre broker « gratuit » gagnait réellement son argent changerait-il votre regard sur le passage à des frais explicites de 1 € ? C'est la question que pose au fond tout cet épisode. Il s'agit d'une observation sur un produit, pas d'une recommandation de Trade Republic ni du trading — ce n'est pas notre rôle ici — et le trading comporte toujours un risque de perte. Pour les conditions exactes, lisez le communiqué de Trade Republic, en lien ci-dessous.
| Ce qui change | Trade Republic a refondu l'exécution des transactions, en ligne depuis le 2 juillet 2026, après l'interdiction européenne du paiement pour flux d'ordres (PFOF) |
|---|---|
| Best Price | Le mode par défaut : un carnet d'ordres agrégé sur toutes les places liquides pertinentes, exécution au meilleur prix disponible quelle que soit la taille de l'ordre — 1 € forfaitaire de frais de règlement (hors coûts de tiers et spreads) |
| Direct Price (nouveau) | Type d'ordre optionnel : vous choisissez vous-même la place parmi 30 bourses mondiales (XETRA, Euronext, Nasdaq…) — 2 € par transaction, quelle que soit la taille |
| Web Terminal (nouveau) | La première plateforme sur navigateur de Trade Republic : graphiques, screeners, analyse de portefeuille et données en direct pour les investisseurs actifs — jusque-là, il n'y avait que l'appli |
| En coulisses | Selon la presse, Trade Republic peut désormais traiter lui-même le flux d'ordres, grâce à une licence de plateforme de négociation obtenue par sa filiale auprès de la BaFin en janvier 2026 — son propre communiqué ne le formule pas ainsi |
| Plans d'épargne | Selon justETF, les ordres récurrents des plans d'épargne restent gratuits (le communiqué de Trade Republic ne le répète pas) |
✓ Pertinent si…
- Les utilisateurs actuels de Trade Republic qui veulent savoir ce que les nouveaux frais de 1 € / 2 € et le "Best Price" signifient concrètement pour leurs ordres
- Ceux que la question intrigue : pourquoi l'interdiction du PFOF dans l'UE redessine discrètement la façon dont les néobrokers européens gagnent leur argent
- Les traders plus actifs qui voulaient choisir eux-mêmes leur place de négociation ou trader depuis un ordinateur plutôt que l'appli
✕ À éviter si…
- Quiconque attend un verdict sur le fait que Trade Republic serait "le meilleur broker" — ce n'est pas l'objet ici
- Les épargnants buy-and-hold avec des plans d'épargne gratuits, pour qui peu de choses changent au quotidien
- Les lecteurs qui cherchent une comparaison de frais avec d'autres brokers — il s'agit ici de ce qui a changé chez Trade Republic, pas d'un classement
Sources
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